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SDU-08
Syndicat Démocratique Unitaire des Services Publics des Ardennes |
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Actualité enregistrée par Section du Conseil Général, le 06-06-2011 Conseil général : Santé au travail et Syndicat... un couple en construction !Vous êtes chaque jour plus nombreux à constater et dénoncer l'intensification de la pression sur vos postes de travail, rendant les organisations syndicales conscientes des effets des mauvaises conditions de travail sur la santé physique et mentale. D'où le rôle important de vos représentants du personnel, appelés à anticiper et prévenir les risques préjudiciables à l'agent en poste, donc déjà au niveau local. Nous dressons ici un constat partant d'une réflexion sur les origines de ces situations de malaises en milieu professionnel, et l'ébauche de la place que devraient occuper vos organisations syndicales dans votre espace de travail. La santé au travail est un trompe l'oeil ! Il n'est pas nécessaire d'être victime d'accident ou d'un quelconque incident matériel entrainant des séquelles physiologiques pour entrer dans les chiffres des arrêts de travail-types. Nous sortons ici du domaine du visible, où les chiffres et les statistiques sont sans valeur. Plus insidieuse, plus discrète, plus intime parfois, c'est de la souffrance dû à l'autorité excessive, à l'arbitraire, à la désorganisation, à la méconnaissance des métiers, dont nous allons nous entretenir en cinq chapitres. La crainte de se faire mal : Certains services, notamment chez les techniques, sont visés plus particulièrement par l'absence de l'outil ou par l'utilisation de matériels inadaptés ou vétustes; voire non formés à leurs utilisations. C'est le fait de se savoir en situation de fragilité face à ces machines ou leur absence qui désarçonne ou vous rend inefficace, craignant la casse de celles-ci ou pire, d'être blessé. Ce malaise n'est pas lié qu'à l'outil en lui-même, mais souvent au fait que l'agent n'est pas associé au choix de son propre outillage. Des normes inadaptées : Sous l'injonction légale de devoir respecter des normes draconiennes, le salarié peut les percevoir comme contraignantes si elle ne s'adapte pas à l'environnement de travail que souvent l'agent est aussi apte à jauger. Fréquemment, c'est dans le domaine sécuritaire et formaliste que les réglementations absorbent le plus de temps sur la durée effective de travail. Les relations hiérarchiques : Le sentiment de ne pas comprendre les choix managériaux déconcerte souvent. D'une part par les moyens insuffisants pour accomplir les missions, d'où une non -prise en compte de la réalité de la valeur professionnelle de l'agent qui est pourtant formé à accomplir les missions de son cadre d'emploi. Néanmoins, on le tiendra à l'écart des projets restructurants; l'encadrement gardant le monopole de la définition du travail à faire et des conditions dans lesquelles le réaliser, fixant des objectifs se révélant souvent hasardeux. Ce sont ces bureaux que l'on déménage sans logique, ces équipes que l'on saucissonne brisant compétences et amitiés, ces secrétaires si polyvalentes qu'elles survolent leurs missions, du personnel d'accueil qui entend encore son téléphone de service...à son domicile. La motivation Quand l'agent ne comprend plus rien à une logique d'avancement-récompense du travail bien fait. Curieusement, ceux qui ont la meilleure note ne sont pas ceux qui avancent en grade. Quand mutation et changement d'affectation affecte le moral, car imposés à l'encontre des voeux du fonctionnaire, qui ne sera pas même indemnisé si son nouveau poste se révèle plus difficile ou plus bénéfique pour la collectivité. Alors,certains déplacements de personnel sont vécus comme des punitions. L'opacité de ces règles internes de management génèrent, colère, frustration, lassitude, démotivation, quand le fruit de ce travail productif n'est pas couronné par une avancée concrète de carrière. Il reste ce sentiment d'être victime de règles inéquitables, quand à un an de votre retraite vous êtes toujours dans le même grade de début de carrière, trente ans auparavant. Les relations avec l'usager Le but essentiel d'un service public étant de nouer et entretenir un lien avec l'usager, les employés de terrain connaissent très bien ce moment où la situation leur échappe,cet instant où cette compréhension mutuelle n'a pas amorcée ou s'est rompue, engendrant une relation défectible, traduite par des regards, des paroles, des gestes ou actes agressifs. Chacun de vous, agent d'accueil, travailleurs sociaux, employé au contact du public, avez enduré ces mots acérés ou ces agressions parfois physiques qui laissent cette désagréable sensation d'être seul et démuni. Ainsi donc, les relations peuvent être autant conflictuelles en amont, vers la hiérarchie, qu'en aval de la part des administrés, instaurant un déplaisir à occuper son poste de travail si aucune solution apaisante ne se profile. On sent se dégrader les relations interprofessionnelles et interservices, nous en connaissons pourtant les remèdes. Domaines non codifiés et peu reconnus, pourtant insidieusement destructeurs de l'équilibre mental du travailleur, toutes ces causes de souffrance morale au travail décrites ci-dessus, se vivent dans l'isolement, avec la sensation pénible mais irraisonnée d'individualiser son malaise, n'osant en parler autour de soi. En résulte un état d'angoisse, de tristesse, d'inquiétude, de mal-être...qui se traduit souvent en prise de médicaments, en absentéisme, en agressivité ou à contrario en repli sur soi-même, quelquefois par l'alcoolisme. Mais, s'il y a convergence dans les différents cas de désarroi vus ci-dessus, elle se situe au niveau de l'organisation même du travail : Le patient n'est pas seulement l'agent en difficulté, mais aussi l'organisation dans laquelle le salarié travaille, et dont les syndicats perçoivent les carences. La représentation syndicale, votre alliée ! Comment admettre que les réactions attendues de nos décideurs se révèlent souvent peu volontaristes pour résoudre ces situations productrices de souffrance au travail, et se contentent de réajuster leur raisonnement pour satisfaire à la position légaliste. Ici entrent en jeu les organisations syndicales qui ont faculté à vous entendre et vous représenter pour, au delà de la lettre et pour pallier à ses inerties, faire un bilan du mal-être vécu par le personnel, et en faire part aux résponsables. Notre collectivité va s'intéresser aux risques psychosociaux parceque la réglementation l'impose, pourtant les changements de poste arbitraires perdurent, les déménagements de bureaux au forceps se programment, les rejets de formations souhaitées restent d'actualité. Tout ceci se cache derrière l'impression qu'on ne peut rien y faire; de ce fatalisme découle un mutisme qui ne dépasse pas l'aparté avec les collègues les plus proches, et la situation de malaise s'insinue alors que les instances syndicales vous ouvrent des espaces de dialogue et d'information sur vos droits . En janvier déjà, nous nous étonnions de la programmation d'un CHS sur les risques psychosociaux...un mois après un CTP destructurant la Direction des Affaires Sociales et dont les effets sur la santé morale et physique apparaissent depuis quelques semaines. Ces effets seront recensés cet été, dans ce rôle de témoignage qui incombe aux syndicats qui intercéderont auprès de notre employeur. Si, seuls les problèmes de locaux ou d'installations défectueuses intéressent nos Directions, vos syndicats seront à même de leur démontrer que les afflictions au travail sont la plupart du temps d'origine professionnelle, organisationnelle ou relationnelle, produisant du harcélement, du stress, du découragement, de l'improductivité. Attendu que, des décisions de CTP, sont issues les raisons des problèmatiques psychosociales, pourquoi donc attendre de nos CHS qu'ils en auscultent et diagnostiquent les maux, puisque ce sont les mêmes représentants de l'administration qui siègent et qui en sont les auteurs. Un CTP pour nous rendre malade, Un CHS pour nous guérir, Un syndicat pour le traitement. |