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Actualité enregistrée par Syndicat départemental SDU-08, le 25-05-2011

Médiathèque Voyelles : Encore de la confusion entre vitesse et précipitation ! Une volonté politique ?

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La Communauté d'agglomération de Charleville-Mézières a encore bien du mal à se conformer à la nouvelle orientation prise sur ce dossier (concertation de tous les acteurs sur toutes les étapes du dossier et sur les décisions à prendre, nécessité d'un constat partagé et d’un consensus sur les mesures).

On aurait pu penser que cette nouvelle orientation, qu’il nous aura fallu six mois à obtenir, allait se mettre en place sereinement, les syndicats, et le SDU tout particulièrement, ayant clairement indiqué que sa participation serait orientée vers un seul but : la sécurité sanitaire et médicale du personnel, ce sur quoi les élus comme l'administration affirment être aujourd'hui d'accord.

Mais il y a toujours loin de la coupe aux lèvres, comme on dit.

Ainsi, lors de la première venue à Charleville-Mézières du cabinet ISAST (expert désigné par le CHS pour assister celui-ci) l'administration communautaire avait convoqué un maximum de monde... SAUF tenez-vous bien.. les membres du CHS eux-mêmes !!!

Pour un "loupé", c'était encore un beau loupé révélateur de l'état de fonctionnement de cette administration et de son état d'esprit.

Dans cette absence de culture du débat contradictoire, tant des élus que de l'administration, les représentants du personnel, considérés comme des adversaires, sont sans cesse contraints pour se faire entendre, d’ y aller "à l'arrache", à la menace de la divulgation publique, etc....

A la Ville, c'est la même chose puisque ce sont les mêmes élus et qu'ils choisissent le profil de direction générale qui leur convient, la capacité aux relations sociales et au compromis n’étant pas manifestement leur critère de recrutement.

Malgré le virage imprimé au dossier médiathèque, nous avons encore un nouvel exemple de l'impossibilité de l'administration et des élus communautaires à considérer les représentants du personnel comme des interlocuteurs respectables.

Il s’agit de la programmation d'un CHS... IMMEDIATEMENT après les premières conclusions du cabinet ISAST!

Ce cabinet va rendre en effet ses PREMIERES conclusions le 7 juin à 14h30... et les membres du CHS devront rendre un avis immédiat (à 16h30) sur ce qu'ils viendront d'entendre.  Ils n'auront aucun délai de réflexion.

Encore vitesse et précipitation. Il faut aller vite, très vite, coûte que coûte.

Qui a décidé de programmer les choses ainsi ? En dehors de toute concertation sur la méthode ?

Comme d'habitude.

D'ailleurs, les questions posées par le SDU lors de la première réunion :
-comment va-t-on travailler sur ce dossier ?
-selon quel planning ?
-avec quelle méthode?
sont restées sans réponse.

Un défaut de réflexion ? Une volonté de conduire seul(e)(s) les opérations ? On n'en sait rien. Mais le fait est là.

Comme pour conforter nos impressions, la présidente de la Communauté d'Agglomération, intervenue sur une radio locale il y a quelques jours, déclarait que... la médiathèque devrait normalement rouvrir avant les congés! Bien sûr en prenant toutes les précautions oratoires...

Mais le SDU lui demande autre chose que des précautions oratoires.

En l'entendant, on s'est demandé si quelqu'un avait pris la peine de lui faire le compte-rendu de la première réunion qui s'était tenue avec le cabinet ISAST et tous les autres experts ainsi que les organisations syndicales ? S’est-elle inquiétée de l'état d'avancement du dossier ?

On a vraiment eu l'impression que la présidente en était restée à quelques semaines plus tôt : pas un mot sur la nouvelle orientation dans la manière de traiter le dossier, pas un mot sur le nouveau cabinet (ISAST) ni sur sa mission...

Encore une fois, l’impression qu’il faut aller vite, très vite, coûte que coûte.

Nous rappelons à la présidente que si la médiathèque est déjà fermée depuis six mois, les représentants du personnel, le SDU, le personnel, n'y sont pour rien.

Si nous avions été conviés dès le début, en octobre-novembre, aux réunions sur la contamination de la médiathèque, notre idée de confronter les experts entre eux et nos observations "de bon sens" auraient permis d'avancer plus vite...

Nous aurions par exemple demandé :
-pourquoi nous parle-t-on seulement du formaldéhyde quand les experts eux-mêmes disent qu'il est peu probable que ce composant volatil soit la cause des malaises et des affections du personnel ?
-si la cause n'est pas le formaldéhyde, alors c'est quoi ?...

La communauté d'agglo s'est accrochée au formaldéhyde comme à une bouée de sauvetage depuis les premières analyses : ça y est, eurêka, on a trouvé la cause ! Donc, on va pouvoir "rouvrir"....

"On peut rouvrir" : La Comm d’Agglo n’a pas attendu longtemps pour le dire ! Qui ne se souvient pas du ballon d'essai qui a été lancé dans la presse au printemps pour une réouverture fin février ? Puis des bruits de couloirs diffusés dans le personnel pour une réouverture mi-mars ? Des tentatives que le SDU a fait échouer car les conditions n’étaient pas et ne sont toujours pas remplies. (Cf L'Ardennais du 20 janvier et celui du 24 février 2011)

Après six mois de cette posture « communautaire » qui fait du formaldéhyde la cause unique des maux constatés, les représentants du personnel découvrent aujourd'hui que ce n'était pas tout à fait le discours des experts...

Un de ces experts a dit les choses très clairement le 16 mai dernier et de façon d'ailleurs très pédagogique : vu les bas taux de formaldéhyde, nous ne pouvons pas dire que la cause de ces malaises et de ces affections ait été à ce jour identifiée...

Comment la présidente de Coeur d'Ardenne peut-elle ignorer, ou feindre d'ignorer, cet avis ?

Nous comprenons qu’il y a une volonté politique de rouvrir... rouvrir... rouvrir... Nous espérons que cette volonté n’est pas guidée par une préoccupation électorale.

Le 16 mai, nous avons compris aussi pourquoi PENDANT six mois nous avions été écartés de tout contact avec les experts et non destinataires des résultats des analyses...

Ces méthodes de travail, cette défiance permanente par rapport au personnel et à ses représentants, cette façon de traiter le problème en le déléguant à l'administration et aux "techniciens" (aucun élu n'a pris publiquement la responsabilité du dossier) sont d'un autre temps...

Madame la présidente : le personnel a le sens des responsabilités et du service public et il ne cherche en rien à faire durer une situation dont il est la première victime, en particulier dans ses conditions de travail actuelles (ne l'oubliez pas), ni l'administration ni les politiques n'ont le monopole de l'intelligence ni de la réflexion... Une réflexion dont nous doutons d'ailleurs qu'elle ait vraiment eu lieu à Cœur d’Ardenne sur la conduite de ce dossier (multiplication des intervenants en parallèle les uns avec les autres, retenues d’informations pendant six mois, groupe de travail avec des agents sur des objectifs très peu clairs…)

Nous avons plutôt l'impression de coups de barre successifs pas toujours cohérents.

Un exemple ?

La médiathèque n'a plus de conservateur depuis.... combien de temps déjà ? Réponse de la présidente : ce ne serait pas le bon moment pour recruter ! (dixit le directeur des services à la presse).

Mais n'est-ce pas justement quand les situations sont critiques qu'on a besoin d'un responsable ?

A ce jour, quatorze lauréats du concours de conservateur sont sur les listes d'aptitude du Centre National de la Fonction Publique Territoriale... Et nos élus n'arriveraient pas à en trouver un ? A croire que les candidats reçus ne cherchent pas de travail ? Allons, donc...

On ne peut pas croire que nos élus s'avoueraient aussi facilement mauvais recruteurs... s'ils n'avaient pas surtout la préoccupation inavouée (inavouable ?) de faire des économies budgétaires tant que le poste reste vacant ! La contamination du bâtiment … comme prétexte à ne pas recruter ! Il fallait y penser.

Même chose pour les autres emplois vacants qui ne sont pas, eux, des emplois de conservateurs et qui sont bien nécessaires eux aussi.

Ces vacances d’emplois créent des tensions dans le personnel, entre les agents, à cause de la désorganisation et de la dégradation des conditions de travail qu’elles génèrent. Comme par hasard, les élus et la direction cherchent la cause de ces tensions... ailleurs… et missionnent un psychologue… dont nous attendons les conclusions avec beaucoup de curiosité.

Les élus carolomacériens ont voulu une médiathèque. Puis ils l'ont repassée à la communauté d'agglomération. L'équipement est là et il est apprécié. Mais il est fermé depuis six mois.

Il faudra bien connaître la cause de ce qui rend les agents malades. Rien ne sert de dire tous les quatre matins "ça va rouvrir, ça va rouvrir, ça va rouvrir"... Cela c'est de la méthode Coué...

Le SDU demande à la présidente de Coeur d'Ardenne de prendre son administration en main pour que celle-ci mette en œuvre les vraies conditions d’un accord employeur / salariés sur la réouverture, de charger publiquement tel ou tel élu du dossier pour que le politique assume ses responsabilités, et d’exiger que le travail en cours soit mené dans de bonnes conditions avec tout le monde, sans chercher à forcer les choses ni personne.

Ce sera le meilleur moyen de ne plus perdre de temps !

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